positions et propositions

         

 

idéogrammes occidentaux

Il y a un livre délicieux qui est pour moi une source  inépuisable d'intérêt et d'amusement, c'est l'ouvrage du savant jésuite, le P. Wieger, sur les caractères chinois et sur le passage à l'écriture et de l'image au signe, de l'être concret qu'ils ont commencé par représenter. Par exemple l'homme c’est /\ une paire de jambes, un arbre, une espèce d'homme avec des racines et des branches.

 

L'Est, le soleil qui se lève derrière un arbre, un enfant  (idéogramme) une tête, des bras, un corps sans jambes, etc.

 

J'ai été amené à me demander si dans notre écriture occidentale iI n'y aurait pas moyen de retrouver égalment une certaine représentation des objets qu'elle signifie et aussitôt mon attention s'est portée sur des mots comme :

 

toit    N'avons nous pas là une représentation complète de lamaison à laquelle ne manquent même pas les deux cheminées ?

“O” est la femme et “I” l'homme, caractérisés par leurs différences essentielles: la conservation et la force; le point de l'i  est la fumée du foyer ou, si vous aimez mieux, l'esprit enclos et la vie intime de l'ensemble.

 

toi      La verticale du  t  est la représentation par excellence de l'objet qui arrête notre regard, de l'unité, quel qu'un vers qui nous sommes tournés; la barre du “ t ” indique la direction, l'interpellation l'union de l'o et de l'i  est le type de toute diphtongue humaine, mais la paroi du  second ” t”  qui constituait la Maıson fermée fait         défaut. Le point sur l'i est cet œil de l'autre que nous accrochons avec notre propre regard.

 

tu       La même chose et les deux lèvres qui se tendent.

 

quilles          La main qui tient la boule, cinq quilles d'inégale grandeur, la boule qui roule (le point sur l'i) et le ricochet final (e).

 

oeil    œ est l’oeil même avec la pupille et les paupières vues de profil, il y a même un ciel ! i est le rayon visuel et  viseur, l le regard qui va et qui ramène à lui.

 

eye    En anglais c'est encore plus frappant.Voyez. Ne dirait-on pas un véritable idéogramme chinois?

 

 

 

 

yeux             Y est la paire d'yeux enracinés dans notre unité, e  est la prunelle, u le regard double, x le champ du     regard, la convergence avec la divergence.

 

Lettre par lettre, ainsi on trouve tout dans un mot comme les instruments de la Passion dans une tête de brochet !

Continuons.

 

col                 Un cou pris dans un lacet, c est courbe respiratoire, L l'échancrement en pointe de la chemise.

 

cou               Le même coupé, avec notre double tuyau.

 

          Quelqu'un m'objecte : Locomotive           Locomotive?

 

Locomotive            Un véritable dessin pour les enfants. La longueur du                  mot d'abord est l'mage de celle de l'animal. L est la           fumée, o les roues et la chaudière, m les pistons, t le témoin de la vitesse, comme dans auto à la manière d'un poteau télégraphique, ou encore la bielle, v est le levier, i le sifflet, e la boucle d'accrochage, et le souligné est le rail !

 

pain              p est la pelle qui enfourne ou encore la langue tendue vers la bonne miche, a est la miche même ou la bouche emmanchée sur le cou ou encore le geste circulaire du mitron qui pétrit, i est le feu ou la faim, n est la voûte du four ou les dents enfoncées.—Et les           quatre lettres ne forment qu'une seule syllabe comme de la pâte!

 

corps                       c est la bouche qui respire et qui avale, o tous les organes ronds, r les liquides qui montent et qui descendent, p le corps proprement dit avec la tête (ou les bras), s tout le tuyautage, ou le souffle.

 

En anglais nous avons:

body             dans b nous avons la bouche supérieure qui est un           organe d'acquisition et la bouche inférieure qui est un organe de conservation. O est tout l'intérieur, d est notre intérieur qui regarde au moyen de ses sens comme avec un périscope, y enracinement à nous mêmes de nos organes symétriques.

 

cœur            Pas besoin d'insister. La convexité du c est tout ce qui va au-devant de la caresse comme les initiales d'amour,  douceur, etc. Le u est le piston de la pompe et  r le sang.

 

 

 

Maison         M nous donne les murs, les toits et les cloisons, a  le nœud (nœud, le lien qui  unit deux choses !) est la circulation intérieure,  i  est le feu, o est la fenêtre,  s        les couloirs et les escaliers, n la porte, et le point est l'habitant qui regarde avec admiration ce superbe édifice !

S'il était encore plus content, nous le surmonterions            d'une fusée qui monte au ciel.

 

!                     ou point d'exclamation.

                      S'il a quelque doute, s'il pose quelque question, l'émission de la pensée se recourbe sur elle-même avant de s'interrompre. C'est le

 

?                    point d'interrogation.

L'étape, l'arrêt court, la suspension au milieu d'une  phrase, sont indiqués par lavirgule, comme quelqu'un à la fois qui repousse ce qui est en arrière et s'élance vers ce qui est en avant.

 

 

Ainsi épronnés nous passerons à d'autres paysages:

 

arbre                        Un petit cul-de-lampe ! L'arbre se dresse au milieu de l'île typographique pareil à un cyprès (voir plus haut ce que j'ai dit du b), a est le tronc à la fois en coupe et en élévation,  r est l'eau qui monte et qui descend, e  est l'enchevêtrement des racines.

 

tree  (angl ) est le grand arbre au premier plan , r est le ruisseau à ses pıeds dont le double  e  représente les gracieux méandres comme dans les cartes de Christmas de Mister Tuck.

 

 

baum (all.)   a  est un lac alimenté à la fois par la pluie et le ruissellement, u est une vallée sur laquelle flotte un gracieux nuage,  m  est une forêt de sapins.

 

maın             1 2 3 4 5 ! la frange des cinq doigts ( doigt ! peut-on           montrer davantage ?) a  est  le poing fermé avec le poignet, i  est le doigt qui montre, n  il y a deux mains, c’est aussi le compas naturel.

 

pied              deux vestiges du pied qui accentuent l'un les doigts,l'autre le talon, i est la direction ( pes meus stetit in directo dit le psaume),  e est un mouvement de bascule articulée, la cheville.

 

faux              f est le manche et la poignée de la faux, a   la place qu'on vient de faucher et l'on voit la lame qui s'éloigne, u est l'herbe, x tout ce qui est  section, la lame avide pour couper qui ouvre de toutes parts ses mâchoires.

 

faux (adj . )  Un véritable rébus mathématique . F est  l'unité branlante et coupée par le milieu, a l'unité à qui le zéro est       amalgamé, u deux unités égales et équivalentes, x l'unité définitivement détruite par l'unité, l'inconnu, le carrefour, l'inextricable.

 

tir                  t est le chasseur qui épaule le coup, r le genou qui détale.

 

être               t est tout ce qui tient debout en hauteur et en largeur, e est ce qui communique avec soi-même, qui prend racine dans son propre cœur. R est ce qui se retourne, ce qui se regarde soi-même.

Et le second  e  est existence tandis que le premier est essence il y a une couronne au-dessus ! une aspiration triangulaire vers Dieu.

 

âme              a est à la fois ouverture et désir, réunion de l'homme et de la femme, ce qui exhale et inhale le souffle, m est la personne entre deux parois, e l'être.

 

vie                 v est la rencontre des deux électrodes, i l'étincelle qui jaillit,  e ce qui puise l'être en soi-même.

 

 

vérité                        Ce qui frappe dans ce mot c'est le mouvement indiqué par les deux accents aigus, la barre du  t , le point sur l'i   le déséquilibre du v appuyé sur sa pointe, v est l'angle d'incidence égal à l'angle de réflexion, les 2 e une équation entre deux êtres et les lettres intermédiaires avec leur suggestion de regard et de visée le mouvement qui les réunit. (Au même groupe se rattache  voir, vue  véritables instruments d'optique.)

 

âne               Le cri formidable exécuté par la bouche largement ouverte d'un artiste  et pourquoi la barre de l’a ne serait-elle pas la queue que l'animal tient toute droite pour s'aider à braire si l'on en croit la comtesse de Ségur ? n  est le pont formé par l'échine du quadrupède, e  son arcboutement pour ruer.

 

 

Oie                o la mare ou le corps du volatile; i sa langue d'où sort le cri, e à la fois l'oeil, la tête et le bec ouvert.

 

vol                 v les deux ailes de l'oiseau, o le cercle qu'il décrit, l l'oiseau qui va et revient.

 

cor                Le cor de chasse entortillé son embouchure et le son qui en sort.

 

Je                  comme I en anglais mais ici je s'affirme non seulement par la verticale mais par la parole et se rattache à son action par une boucle.

 

et                   e est la boucle qui rattache,  t la tour d'où l'on regarde la direction.

 

le                   double lien avec l'ensemble et le détail.

 

 

if                    l'homme qui regarde un arbre et établit au milieu un           repère, en anglais partage, alternative,

 

it  (angl )      I'homme qui regarde un poteau indicateur.

 

il                    I'homme qui est là surtout pour établir une jonction.

 

sur                s la compression, u l'ction parallèl de haut en bas dont témoigne la boucle inférieure, r la ligne de force vertical avec l'indice en haut comme en chinois.

 

 

sous             s la compression, u les deux barres unies  pour résister  o le résultat de la compression, les deux barres sont soudées.

 

De                 le réservoir et au-dessus le château d'eau, la déduction surmontée par un oeil clairvoyant.

 

poindre        O i le disque et le rayon, p d le disque avec le rayon, l'un horizontal et l'autre vertical, la résistance, l'obstacle.

 

courır                       c est le corps penché, u les deux jambes, r les deux           genoux qui travaillent, i le but qui est en avant et au-dessus, tout ça roule o !

 

plus              p est le signe + la barre inférieure verticale indique qu'il est planté dans quelque chose, comme une étıquette, une quantité qu'il apprécie, l est ce qui surmonte, u est i avec i, i plus un s  c'est 2,1 + 1= 2 ! Le point d'excla-mation n'est pas de trop ! ( ou plutôt s est le signe de l'opération, de la transformation arithmétique )

 

moins           m i  est moins que ii, o est la tendance à zéro, i l'unité sectionnée, s la descente en spirale.

 

mur   beaucoup de murs il faut passer pardessus (r).

 

un      l'unité répétée quatre fois en deux couples, l'un ouvert vers le haut, l'autre refoulant vers le bas, la boite et le couvercle qui l'emboîte.

 

nu                  Le couvercle est ôté et la boîte est ouverte.

 

 

blanc                        le vide exprimé par la grande arabesque sans obstacle du  bl comme celle de glace—puis le blanc lui-même caractérisé par cet a que L enferme dans son noeud           coulant (nœud ! quei bel idéogramme) l’n qui est une négation de tout, qui bouche, le c qui est une bouche ouverte le vide.

 

bleu              la même chose mais l'e indique une espèce de réfraction intérieure, l'u une négation incomplète, un obstacle ouvert et transpatent, un lac dont on voit le fond.

 

 

noir               O l'âme ou le soleil enfermé entre quatre parois—c'est le regard en haut, il y a une étoile ! r est une communication malgré l’obstacle, un rayon qui passe sous la porte —ou encore o est un miroir qui reflète le flambeau.

 

nuit               la même chose — la vallée ouverte, on ne peut plus           regarder qu'en haut — le regard à l’étoile—la nuit du marin qui lit au ciel la direction infaillible (la barre du t, la barre de direction).

 

Soi                s = souffle (dans souffle les f les deux traits profonds de l'haleine) spirale mouvement de descente en soi-même recherche toujours éludée de la parallèle, o et i le flambeau et le miroir.

 

deux             u et x image de 2 les deux barres réunies et parallèles ou entrecroisées, multipliées l'une par l'autre, d l'union             du zéro réservoir de tous les nombres et de l'unité, sommet dont ils découlent e est précisément cette fluxion.

 

la                   a est le signe du féminin, une cavité adossée à l'unité.

 

 

le                   e est le signe du masculin l'unité surmontée d'un œil.

L'un est réception et l'autre est perception.

 

sel                 s la langue repliée qui déguste, e le grain qui fond avec une saveur pıquante, L la langue tendue (lire dans l’horizontale)

 

 

sucre                       la même chose plus, u deux lèvres gourmandes qui demandent, c qui comporte une idée de cause et de     douceur, r la langue appuyée au palais.

 

petit              p la verticale qui s ‘enfonce, le contraire de ce qui est haut, e  ce qui baisse la tête, tit un homme qui regarde avec admiration deux géants qui tendent le bras au-      dessus de lui.

 

vite                tout court et vole.

 

soit               S l'homme qui s'accroupit pour se mettre de niveau, o et i le miroir et la flamme, t détente du ressort, élan en avant.

 

 

bague                       l'anneau au doigt dans différentes positions comme pour mieux l'admirer, le b tend et le g accepte.

 

goutte                      l'u est la calice d'une fleur, tt deux parois verticales sur lesquelles l'eau coule ou encore le sillage même de la goutte.

 

son               o le son, n les lames qui en l'arrêtant produisent la vibration, s un état de suspension quelque chose de tortueux qui s'échappe de travers.

 

Il n'y a plus qu'à écrire au-dessous de tout cela

Etc.

 

 

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