COPI

Les quatre jumelles

 

Personnages :

Le•la, Maria, Fougre, JosŽphine

 

 

 

 

 

Maria entre.

 

MARIA. - Arrtez dÕaboyer, saloperie de chiens! Je vais vous tuer tous! Regardez ce quÕils ont fait de ma robe, cette bande d'ordures! Oh merde, ils mÕont dŽchirŽ le bras. Je vais me faire une piqžre d'hŽro•ne. O est la seringue?

 

Le•la entre.

 

LEìLA. - Maria, cÕest lÕheure de ma piqžre dÕhŽro•ne!

 

MARIA. -je ne peux pas tout faire en mme temps! Je cherche la seringue! Ces sales chiens ont fichu la merde partout!

 

LEìLA. - Quels chiens?

 

MARIA. - Nos chiens! C'est ton cadeau dÕanniversaire!

 

LEILA. - C'est notre anniversaire?

 

MARIA. - Oui.

 

LEILA. - Pourquoi est-ce que tu as achetŽ ces chiens, Maria?

 

MARIA. - Je croyais que tu aimais les chiens de l'Alaska.

 

LEìLA. -je les dŽteste! A•e. Qu'est-ce que tu fais?

 

MARIA. - Ne bouge pas!

 

LEìLA. - Tu me fais mal!

 

MARIA. - Je ne trouve pas la veine!

 

LEìLA. - A•e!

 

MARIA. - ‚a y est! Ne bouge pas!

 

LEILA. - Donne-moi a!

 

 

MARIA. - A•e!

 

LEILA - Ne bouge pas!

 

MARIA. - A•e!

 

LEILA. - Maria, pourquoi est-ce que tu as achetŽ ces chiens?

 

MARIA. - Parce que je me sens seule! Ë tout ˆ lÕheure. Je vais me promener. Non, je ne vais pas me promener. C'est toi qui vas partir! JÕai dŽjˆ fait ta valise. Va-tÕen!

 

LEILA. - Tu veux me faire dŽvorer par tes chiens de l'Alaska, ordure?

 

MARIA. - Ils sont apprivoisŽs! Va-tÕen! A•e! Non! Laisse-moi! A•e! Non, Le•la! A•e! de la morphine! Donne-moi de la morphine! Trois grammes, sÕil te pla”t! Merci. Merci. Je vais te tuer! O est le couteau?

 

LEILA. - Calme-toi, Maria! A•e!

 

MARIA. - Au secours! J'ai blessŽ ma soeur!

 

JosŽphine et Fougre entrent.

 

FOUGéRE. - De l'alcool! Du coton! Des ciseaux! Du sparadrap! ‚a mÕa lÕair trs mauvais cette blessure!

 

LEILA. - A•e!

 

FOUGéRE. - Soyez courageuse! Tenez a!

 

LEILA. -A•e!

 

FOUGéRE. - Lˆ! Il faut serrer!

 

LEìLA. - A•e!

 

FOUGéRE. - Voilˆ! Voilˆ! Voilˆ! Appelez la police!

 

LEìLA. - Non, s'il vous pla”t! Je me sens bien.

 

FOUGéRE. - JosŽphine, tu entends? Prends bien note de tout ce quÕelles disent! Pourquoi est-ce que vous avez achetŽ ces chiens?

 

MARIA. - C'est notre anniversaire.

 

FOUGéRE. - C'est un dr™le de cadeau d'anniversaire. C'est vous qui les avez achetŽs?

 

MARIA. - Oui.

 

 

FOUGéRE. - Tu as vu? Elle voulait faire dŽvorer sa soeur par des chiens de l'Alaska!

 

JOSEPHINE. - Elles ont de lÕhŽro•ne?

 

FOUGéRE. - Elles ont des paquets plein les armoires!

 

JOSEPHINE. - Les salopes! Je me fais une piqžre, moi.

 

FOUGéRE. - On va appeler la police. Qu'on les embarque une fois pour toutes! Fais-moi une piqžre, JosŽphine.

 

JOSEPHINE. - Attends.

 

FOUGéRE. - Viens que je tÕaide.

 

JOSEPHINE. - Laisse-les sÕentre-tuer! Allons-nous-en! Je prends quelques sachets d'hŽro•ne?

 

FOUGéRE. - Prends-en plusieurs. Allons-nous-en!

 

LEìLA. - Attendez.

 

JOSEPHINE. - Qu'est-ce qu'elle veut?

 

LEìLA. - ‚a saigne beaucoup.

 

FOUGéRE. - Faites voir? C'est normal, puisque vous avez un gros trou. Salope, va! Regarde-moi un peu ce trou!

 

JOSEPHINE. - ‚a pour tre un trou cÕest une source! ‚Õa quel gožt, le sang?

 

FOUGéRE. - Gožte pas, cÕest dangereux.

 

JOSEPHINE. - CÕest bon. C'est salŽ.

 

MARIA. -Je mÕen vais. Je prends l'avion pour Boston.

 

FOUGéRE. -Ah non, a ne va pas se passer comme a!

 

JOSEPHINE. - Elle veut sÕenfuir!

 

FOUGéRE. - Vous restez ici! Va appeler la police,JosŽphine!

 

JOSEPHINE. - Tu es folle? Tu veux qu'on s'implique encore une fois dans une affaire de meurtre?

 

FOUGéRE. - Mais on peut pas la laisser mourir comme
a!

 

JOSEPHINE. - Elle a sa soeur, non?

 

 

FOUGéRE. - Celle-lˆ? Viens, on va l'allonger sur son lit!

 

LEìLA. - Laissez-moi tranquille!

 

FOUGéRE. - On ne voulait qu'tre gentilles! Allez, on s'en va! On a assez vu ces salopes! Salopes!

 

JOSEPHINE. - Salopes! Salopes!

 

MARIA. -Attendez. Restez. Vous pouvez garder notre maison.

 

FOUGéRE. - Pourquoi a?

 

MARIA. - Ce n'est pas votre affaire. Tenez mille dollars.

 

JOSEPHINE. - La maison est belle, Fougre.

 

FOUGéRE. - Vous partez tout de suite?

 

MARIA. - Oui.

 

FOUGéRE. - Et qu'est-ce qu'on fera de la dame quand elle sera morte?

 

MARIA. - Vous l'enterrerez dans le jardin.

 

FOUGéRE. - Ah non, pas a! On reste, d'accord, mai sans le cadavre. Avec les mille dollars qu'on a, nous aussi, on peut partir ˆ Boston sans s'encombrer d'un cadavre! Nous ne sommes pas folles!

 

MARIA - Faites ce que vous voulez. Je m'en vais.

 

FOUGéRE. -Attendez, moi aussi j'ai une proposition ˆ vous faire. Parlons calmement. Je vais vous raconter un peu notre histoire. Nous sommes trs pauvres. Nous sommes nŽes comme a et il n'y a rien ˆ faire, nous ne gardons aucune place parce que ma soeur se drogue, et en plus on nous chasse de partout parce qu'on s'attire des emmerdements, qu'on le veuille ou non, ˆ cause de mon mauvais caractre. C'est la que ma soeur a eu l'idŽe de venir chercher de l'or en Alaska, et nous voilˆ. Mais nous n'avons rien trouvŽ, parce que nous n'avons pas amenŽ la machinerie adŽquate pour creuser des puits assez profonds. Voilˆ o nous en sommes. Mais ce qu'on souhaite, au fond, c'est de trouver une bonne place stable auprs d'une personne gentille comme vous. Ma soeur fait trs bien la cuisine et moi je suis trs forte pour la lessive .

On vous suit o vous voudrez, nous on est bien n'importe o, Boston, New York, Bahia. Votre soeur on peut attendre qu'elle meure, on la fait manger par les chiens, pas de traces. Qu'est-ce que vous en pensez? Vous tes habituŽe ˆ vivre avec votre soeur qui vous facilitait tout. Toute seule, vous tes comme un enfant. On prendra soin de vous. Mille dollars par mois a nous suffirait. C'est-ˆ-dire cinq cents pour chacune, ce qui n'est pas une somme Žnorme. Vous payez ˆ l'avance? Merci. Il n'y a pas quelque chose ˆ faire pour vous prouver qu'on est utiles? On peut faire le mŽnage.

 

 

JOSEPHINE. - C'est pas sale, ici. Prenons plut™t un peu d'hŽro•ne.

 

FOUGéRE. - Assez, JosŽphine, tu ne vas pas prendre toute l'hŽro•ne de Madame!

 

JOSEPHINE. -Je n'en prends qu'un peu.

 

FOUGéRE. -Alors fais-moi une petit piqžre moi aussi. A•e! Tu es folle!

 

JOSEPHINE. - Excuse-moi!

 

FOUGéRE. - Excuse-moi mon cul! CrŽtine! Donne-moi a! Vous en voulez un peu, Madame?

 

MARIA. - Non.

 

FOUGéRE. - Gna gna gna. Regarde-la comme elle joue les saintes-nitouches quand elle vient de tuer sa soeur! C'est des vraies salopes, ces femmes!

 

MARIA.. - Elle n'est pas morte.

 

FOUGéRE. - Elle n'est pas morte! Et ce trou?

 

JOSEPHINE. - C'est vrai qu'elle n'a rien, Fougre. C'est une petite blessure qu'elle a. C'est du cirque. Allez, on se tire! On a dŽjˆ deux mille dollars, a nous suffit! On rentre ˆ Chicago, Fougre!

 

FOUGéRE. - Attends un peu, attends un peu. Dites- nous la vŽritŽ! Qu'est-ce que vous voulez au juste de nous?

 

JOSEPHINE. - Si elles appellent la police, c'est elles qui auront toujours raison, Fougre. Ne te fais pas de mauvais sang! Allez, on prend les skis! On peut arriver ˆ temps pour attraper le Chicago-Express!

 

FOUGéRE. - D'accord. On s'en va. Salopes!

 

LEìIA. - Salope toi-mme! Charogne!

 

FOUGéRE. - Non, mais qu'est-ce qu'elle dit? Je la tue!

 

JOSEPHINE. - Laisse-la, Fougre, tu exagres!

 

Le•la morte.

 

FOUGéRE. - Voilˆ ce qu'elle mŽritait! Salopes! Allez, on s'en va!

 

MARIA. - Vous l'avez tuŽe!

 

FOUGéRE. -Je l'ai ˆ peine touchŽe! Elle est pas morte!

 

 

(Ë Le•la ): Madame, vous m'entendez? Elle respire, elle respire! Il faut voir que j'ai pas cognŽ trop fort, mais elle Žtait dŽjˆ affaiblie par tout le sang qu'elle a perdu, la pauvrette! Madame, vous m'entendez?

 

(A Maria) : Tu restes ici, mon ordure! J'ai compris ton mange! Tu veux nous mettre le crime de ta sÏur sur le dos!

 

MARIA. - Laissez-moi!

 

FOUGéRE. - Tiens, ordure!

 

Maria morte.

JosŽphine, Fougre, vivantes.

 

JOSEPHINE. - Tu l'as tuŽe?

 

FOUGéRE. -je l'ai ˆ peine cognŽe!

 

JOSEPHINE. - Tu dis toujours a! Je t'ai dit mille fois que tu es folle! Et maintenant, qu'est-ce qu'on va faire?

 

FOUGéRE. - On va les enterrer! Va chercher nos pelles!

 

JOSEPHINE. - Nos pelles tu le sais bien qu'on les a vendues!

 

FOUGéRE. - Tu as vendu nos pelles? Pour t'acheter de l'hŽro•ne, hein? Salope! Salope! Salope!

 

JOSEPHINE. - Fougre, laisse-moi!

 

FOUGéRE. - Et maintenant avec quoi qu'on va creuser nos puits?

 

JOSEPHINE. - On a deux mille dollars! On n'a plus besoin de pelles! Laisse-moi! Tu as deux mille dollars dans ta poche! Regarde! C'est les deux jumelles qui nous les ont donnŽs! Tu les as tuŽes! Regarde! Regarde ce que tu as fait! Regarde-moi ce panorama! Tu veux que je te dise? Tu es bonne pour soixante ans ˆ Alcatraz! Mais moi je file!Donne-moi mille dollars! Je me tire ˆ Chicago toute seule! Laisse-moi! On a deux mille dollars, donne-m'en mille et on est quitte! Donne-moi ces mille dollars, Fougre! A•e! Laisse-moi!Laisse-moi! A•e!

 

 

Maria, Le•la,  JosŽphine, mortes.

 

FOUGéRE. - JosŽphine! JosŽphine, je t'ai fait mal? Tu respires? JosŽphine!

 

JOSEPHINE. - Donne-moi de l'hŽro•ne! A•e! A•e!

 

FOUGéRE. - Oui, oui, tiens. Tiens, ma chŽrie! Regarde, celle-ci est vivante, je ne lÕavais pas tuŽe!

 

(Ë Le•la) : Madame, vous vous sentez mieux?

LEìLA. - L‰chez-moi! O est ma soeur?

 

FOUGéRE. - Elle s'est Žvanouie. Elle n'a rien. Madame!

 

(Ë Maria) : Marie, Madame Marie! Elle respire! Vous vous sentez mieux, Madame Marie?

 

(Ë Le•la) : Vous avez vu comme elle est vivante?

 

(Ë Maria) : Venez que je vous aide! Levez-vous, levez-vous! Vous voyez comme votre soeur elle aussi elle est vivante? Ma soeur et moi on est restŽes juste une minute vous veiller en attendant votre rŽveil, mais ˆ prŽsent on vous quitte parce qu'on a le Chicago-Express ˆ prendre qui passe juste ˆ six heures dix! Viens, JosŽphine, on s'en va! Remercie ces dames!

 

JOSEPHINE. - Oh, merde, je ne peux pas bouger!

 

FOUGéRE. - Fais un effort! Il faut arriver ˆ la gare! Il faut se tirer! J'ai peur qu'elles n'appellent la police!

 

JOSEPHINE. - Tu m'as ŽtranglŽe, comment veux-tu que j'arrive ˆ la gare? J'en ai marre de toi! Va-t'en toute seule!

 

FOUGéRE. - Tu me laisses tomber?

 

JOSEPHINE. - Fougre, laisse-moi! A•e!

 

JosŽphine morte.

 

FOUGéRE. - Ordure! Ordure! JosŽphine? Oh, mon
Dieu, j'ai fait un malheur!

 

LEìLA. - Donnez-lui des amphŽtamines, lˆ.

 

FOUGéRE. - Oui, Madame! C'est a les amphŽtamines? Tiens, JosŽphine, a va te faire du bien! ‚a va mieux? Je crois qu'elle est morte, Madame!

 

LEìLA. - Mais non, attendez un moment.

 

FOUGéRE. - J'ai fait une erreur! Je lui ai fait une piqžre de talc! Je l'ai tuŽe!

 

LEìLA. - Attendez, elle va aller mieux. Maria, tu m'entends? Je vais partir ˆ Boston. Je ne sais pas si je pourrai arriver ˆ l'aŽroport dans cet Žtat.

 

MARIA. - Attends, je viens avec toi.

 

LEìLA. - Tu peux conduire?

 

MARIA. - Je ne crois pas. Merde. J'ai mal partout.

 

FOUGéRE. -je sais conduire, Mesdames.

 

LEìLA. - Vous, votre gueule! On vous a assez vues! Foutez le camp! J'en ai marre de ces femmes! O est le revolver?

 

FOUGéRE. - Non, Mesdames, pas a!

 

LEìLA. - Allez, prenez votre soeur et partez!

 

FOUGéRE. - Mais elle est morte, Madame!

 

LEìLA. - On s'en fout! Prenez-la et foutez-moi le camp si vous ne voulez pas que je vous fende la gueule d'une balle! Et tout de suite!

 

FOUGéRE. - Oui, Madame! Elle est trop lourde, Madame, je ne peux pas! Non, Madame, par pitiŽ! Ne tirez pas! A•e!

 

JosŽphine et Fougre mortes.

 

LEìIA. - Allons-nous-en. Ils ne vont pas les retrouver avant le dŽgel.

 

MARIA. -Je ne peux pas bouger, Le•la. Aide-moi. A•e, non. Va-t'en toute seule. Je partirai demain. Les clŽs sont sur la voiture. Laisse-moi ! Je t'ai dit que je ne peux pas bouger! Fous-moi la paix!

 

LEìLA. - O est l'argent?

 

MARIA. - Cherche dans mon sac.

 

LEìLA. - C'est tout? Il n'y a que vingt-cinq cents.

 

MARIA. - J'ai donnŽ deux mille dollars ˆ cette femme. La plus grosse.

 

LEìLA. - C'est tout?

 

MARIA. - Il doit y avoir encore cinq mille dollars dans mon manteau.

 

LEìLA. - O a? Mais c'est tout ce quÕil nous reste?

 

MARIA. - Il y a encore les dollars de Las Vegas. Je les avais dŽjˆ mis dans ta valise.

 

LEìLA. - Les dollars de Las Vegas? Tu as bien dit les dollars de Las Vegas?

 

MARIA. - Nous n'avons plus que a! Laisse-moi!

 

LEìLA. - C'est toi qui resteras avec les dollars de Las Vegas, salope!

 

Le•la tue Maria, elle parle ˆ JosŽphine.

 

LEìLA. - Levez-vous! Je vous fais cadeau de cent mille dollars! Prenez-les et partez! Levez-vous! Tenez les clŽs de notre voiture! Levez-vous! Allez-vous-en!

 

 

JOSEPHINE. - L‰chez-moi! Fougre, lve-toi! Oh mon Dieu, elle a reu une balle dans l'oeil! Je la prends avec moi! Aidez-moi!

 

LEILA. - On n'y arrivera jamais! Prenez cet argent et partez!

 

JOSEPHINE. - Elle respire! Fougre? Aidez-moi!

 

LEILA. - Elle est morte! Foutez-moi le camp! A•e! Laissez-moi! A•e!

 

JosŽphine tue LEìLA..

 

JOSEPHINE. - Ordure! Salope! Oh, merde, la coca•ne m'a attaquŽ le nerf optique! Fougre! Fougre! tu es vivante?

 

FOUGéRE. -Aide-moi!

 

JOSEPHINE. - Elles voulaient nous refiler des billets volŽs pour qu'on se fasse piquer ˆ leur place!

 

FOUGéRE. -Ah, les salopes! Salopes! Ordures!

 

JOSEPHINE. - Merdasses!

 

FOUGéRE. - On se tire!

 

JOSEPHINE. -je ne vois plus rien. La coca•ne m'a atta-
quŽ le nerf optique!

 

FOUGéRE. - Viens que je t'aide!

 

 

Fougre, Le•la, JosŽphine, vivantes.

 

 

LEILA. - A•e!

 

FOUGéRE. - Elle est vivante! On va la prendre comme otage!

 

JOSEPHINE. - O est-elle?

 

LEìLA. - A•e!

 

FOUGéRE. - Bougez!

 

LEìLA. - Laissez-moi!

 

JOSEPHINE. - Tue-la, Fougre! Tue-la! Tue-la,
l'ordure!

 

LEILA. - Laissez-moi!

 

JOSEPHINE. - Tue-la, Fougre! Tue-la! Tue-la, l'ordure!

 

LEìLA. - Laissez-moi! Prenez les lingots!

 

JOSEPHINE. - Des lingots d'or?

 

FOUGéRE. - O?

 

LEìLA. - Dans les sacs d'hŽro•ne! Laissez-moi!

 

JOSEPHINE. - O? Tu cherches?

 

FOUGéRE. - Oh ma Sainte Vierge! Des lingots d'or!

 

 

JOSEPHINE. - O? O? Ah quelle merde d'tre aveugle! O?

 

FOUGéRE. - Regarde! Touche!

 

JOSEPHINE. - C'est de l'or?

 

FOUGéRE. - Oui!

 

JOSEPHINE. - Il y en a deux?

 

FOUGéRE. - Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize. Quatorze! Quatorze lingots d'or!

 

JOSEPHINE. - Oh mon Dieu! Mon Dieu! Oh Fougre je recommence ˆ voir!

 

FOUGéRE. - Tu vois?

 

JOSEPHINE. - Oh, oui, je vois! Oh comme c'est beau!

Oh mon Dieu! Oh Fougre, je suis en train de mourir!

 

FOUGéRE. - Non, JosŽphine! Ne meurs par maintenant! C'est ton coeur! Attends que je te fasse une piqžre de camphre! O est le camphre? Parlez, salope!

(A Le•la): Elle est morte! Ordure! ‚a doit tre a le camphre! Attends JosŽphine! Tiens  Tiens! JosŽphine! JosŽphine, tu respires? Bouge! Oh mon Dieu elle est morte! Putain de merde!

 

 

JosŽphine morte.

 

 

MARIA. - Ne bougez pas! J'ai un revolver!

 

FOUGéRE. - Ne tirez pas, Madame!

 

 

MARIA. - Le•la! Le•la! Tu m'entends? Je vais te faire une piqžre de camphre! Vous, ne bougez pas!

 

FOUGéRE. - Laissez-moi partir, Madame ! Je vous jure que je ne raconterai jamais rien ˆ personne! Oh non s'il vous pla”t, ne tirez pas! A•e!

 

 

JosŽphine et Fougre mortes.

 

 

MARIA. - Le•la? Tu m'entends?

 

LEìLA. - Laisse-moi! Fous le camp toute seule! Ne me touche pas, ordure!

 

 

JosŽphine ressuscite.

 

 

MARIA. - Levez-vous! Vous tes vivante? Vous venez ˆ Boston avec moi! Votre soeur est morte! Je vais te tuer, Le•la. Comment veux-tu mourir?

 

LEìLA. - Fais-moi dŽvorer par tes chiens.

 

 

Fougre ressuscite.

 

 

FOUGéRE. - A•e!

 

JOSEPHINE. - Fougre, tu es vivante? Je suis aveugle!

 

FOUGéRE. - Moi aussi! On est toujours chez les jumelles? Qu'est-ce qui se passe?

 

JOSEPHINE. - Il y en a une qui veut faire dŽvorer lÕautre par les chiens!

 

FOUGéRE. -Ah, les ordures!

 

MARIA- Je prendrai une de vous avec moi jusqu'ˆ Boston. Lˆ je lui donnerai un lingot et je l'abandonnerai dans la rue. L'autre restera ici, morte. Choisissez-vous!

 

FOUGéRE. - Ah la salope! Ordure!

 

JOSEPHINE. - Tuez-moi! Emmenez ma soeur!

 

FOUGéRE. - Non, ma petite. De toute faon je n'arriverais jamais vivante ˆ Boston. Je suis criblŽe de balles. Essaie de t'en tirer, JosŽphine. O tes-vous, Madame? Tirez! N'ayez pas peur!

 

JOSEPHINE. - Non!

 

 

FOUGéRE. - ƒcarte-toi, JosŽphine!

 

JOSEPHINE. - Non! A•e!

 

FOUGéRE. -JosŽphine! JosŽphine? Tu es blessŽe?

 

JOSEPHINE. -J'ai reu une balle dans le dos, Fougre!

 

FOUGéRE. -Ah, l'ordure! O tes-vous?

 

MARIA. - Je suis lˆ mais tu n'arriveras jamais ˆ m'attraper, saloperie d'aveugle! Tu as le choix, tu peux rester ici crever avec ta soeur ou bien tu te tires avec moi avec un lingot!

 

LEìLA. - Descends-les, Maria. Je viens avec toi.

 

JOSEPHINE. - Non! A•e! A•e! A•e!

 

FOUGéRE. -A•e! A•e!

 

 

JosŽphine et Fougre mortes.

 
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